Comment réduire les accidents du travail ?

L’employeur est tenu par la loi de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés (article L.4121-1 du Code du travail).

En effet, ces mesures doivent être prises en compte, au plus vite, par l’entreprise, mais surtout être mises en place, car en 2018, on a comptabilisé plus de 650 000 accidents du travail (AT) dont 551 mortels, selon l’Assurance Maladie.

Un accident du travail a pour conséquences deux types de coût :

  • Direct, comme les frais liés aux dédommagements, au temps d’arrêt, aux dommages des véhicules par exemple, etc.

  • Indirect, ici cela concerne l’image de l’entreprise, son éthique ou encore l’ambiance au travail.

Certains secteurs de métier recensent plus d’accidents du travail que d’autres, dû aux conditions de travail des collaborateurs et aux efforts physiques plus importants. On peut citer pour exemples, les travaux de charpente, de menuiserie, les services de déménagements, etc.

Les principales causes liées aux AT sont la manutention (53%), notamment à cause des charges lourdes à porter et aux mauvaises postures. Puis, les chutes (25%) et enfin l’outillage à main (9%). 

Pour minimiser ces AT et tout ce qui s’en suit, vous trouverez ci-dessous plusieurs conseils qui pourraient vous aider

 

Prôner une culture de la sécurité et du sens des responsabilités 

Il est important de sensibiliser le personnel sur les risques qu’ils encourent lors de leur temps de travail pour leur sécurité mais aussi celle de leurs collègues. Une attitude responsable permet de limiter le nombre d’AT. Il existe des formations spécialisées ou bien ce qu’on appelle des Genious Serious Game, qui sont des jeux, apportant un côté ludique, sensibilisant aux risques professionnels et qui facilitent la mémorisation des messages.

Au niveau de l’employeur, il est tenu de mettre en place un dispositif permettant d’assurer les soins d’urgence aux salariés ayant eu un quelconque problème. Ainsi, en cas d’urgence, un protocole doit être mis en place mais aussi un matériel de premiers secours. De plus, des EPI nécessaires à la sécurité de ses collaborateurs, doivent être prises en charge par l’entreprise.

Protéger et sécuriser les machines/robots

Il est important, surtout lorsque les machines présentent un risque potentiel à la sécurité des collaborateurs, de les protéger afin de limiter le danger mais aussi d’endommager ces dernières. Plusieurs solutions existent pour assurer la sécurité des machines, des grilles de sécurité, des grilles avec barrières de circulation, etc.

 Faire un check-up des véhicules 

Chaque année ou bien, selon le type de véhicules, tous les trimestres, il ne faut pas oublier le contrôle technique des véhicules. Le contrôle des chariots élévateurs est souvent négligé, cependant, ce sont ces engins qui sont le plus à proximité des piétons et qui contribuent, la plupart du temps, aux AT.

Imposer un code de la route pour les engins

Consulter les conducteurs des chariots élévateur afin d’établir une vitesse maximale, en effet, une vitesse adaptée réduit le risque d’accident notamment si des piétons se trouvent aux alentours. 

De plus, mettre en place un plan de circulation empêcherait les caristes de progresser à une trop grande vitesse. Il faut intégrer dans votre lieu de travail, grâce à des marquages au sol, des espaces dédiés seulement aux piétons et d’autres aux véhicules. 

Analyser les précédents accidents 

Malheureusement un AT est survenu, apprendre de ses erreurs et en tirer des leçons est primordial. Il faut reprendre toutes les étapes qui ont conduit à cet accident, les étudier et proposer une nouvelle solution plus efficace. 

Il est vrai qu’il n’est pas possible de détecter à l’avance tous les types d’accident possible dans son entreprise mais éviter que ce même accident se reproduise est essentiel.

Prévoir et mettre en place un plan de prévention

La loi stipule que si une entreprise a plus de 20 employés, alors un conseiller ou un collaborateur en prévention doit être désigné. En dessous de 20 employés, l’employeur doit lui-même tenir le rôle de conseiller en prévention. 

Ses tâches sont d’évaluer les risques potentiels de santé et de sécurité, mais aussi, de donner des conseils et enfin de gérer toute la partie administrative (plan de prévention, rapports, etc.)

Cette personne doit prendre des mesures qui reposent sur 9 principes généraux de prévention (article L.4121-2 du Code du Travail) :

  • Éviter les risques

  • Évaluer les risques qui ne peuvent être évités

  • Combattre les risques qui ne peuvent être évités

  • Adapter le travail à l’homme

  • Tenir compte de l’état d’évolution de la technique

  • Remplacer ce qui est dangereux par ce qui l’est moins

  • Planifier la prévention en y intégrant, techniques, organisation et conditions de travail

  • Prendre des mesures de protection collectives

  • Donner les instructions appropriées aux travailleurs 

Vous pouvez par ailleurs, retrouver une explication détaillée des 9 principes de prévention, sur un autre article que nous avons rédigé, accessible en cliquant ici

En incluant la prévention dans sa démarche de réduire ses accidents du travail dans son entreprise, l’employeur permet à chacun de ses collaborateurs d’être en connaissance de cause des risques liés à ses tâches et de pouvoir les éviter au maximum.

L’intelligence artificielle, une solution innovante 

Afin de contrôler les risques au travail, une solution existe : l’intelligence artificielle. En effet, Eyes’R a créé un assistant digital qui, à travers un système de caméras, est capable de détecter si un risque, comme le non-port d’un EPI, est apparu. Par la suite, le système notifie au responsable ce danger et ce dernier pourra ainsi mettre des mesures en place. 


Marie Blandin