Piloter sa prévention des risques à l’ère du digital

Florian Ruen

Florian Ruen

Co-fondateur & CEO | Eyes'R

À l’ère de la quatrième révolution industrielle, le temps du 100 % papier est terminé. Aujourd’hui, nous sommes plus dans un fonctionnement mixte digital + papier, mais avec une vocation forte à aller vers le tout digital.

Outre les avantages forts en matière d’accessibilité, ce changement a pour objectif de faciliter le quotidien de nombreux métiers, dont celui des préventeurs et responsables HSE.

Par quotidien, nous entendons toutes les tâches à faibles valeurs ajoutées, comme la récolte des informations non consolidées, le traitement de fichiers Excel interminable ou encore le pilotage pour préparer ses réunions.

Alors comment tirer pleinement parti des outils digitaux pour simplifier toutes ses actions essentiellement, mais chronophages ?

# Pourquoi digitaliser avec l’exemple d’un des premiers éléments de pilotage : le DUERP

Pilier essentiel de toute politique de prévention, le document unique d’évaluation des risques est un passage obligatoire depuis 2002. Mais c’est aussi sur lui que repose tout bon système de management. C’est un peu la « bible » de tous les risques présents dans votre entreprise !

Mais on ne va pas se le cacher, rédiger un DUERP peut vite devenir chronophage, pourtant, c’est une étape essentielle à franchir.

Exemple très simplifié d’un document unique d’évaluation des risques – eyesr.fr

L’exemple ci-dessus, très simplifié, le nombre de risques peu sembler limité. Mais imaginez le même document sur un chantier BTP ou dans un environnement industriel de plusieurs centaines de m2.

À ce moment, le digital prend tout son sens : utiliser un modèle pré-définis sur lequel nous pouvons générer notre document unique en quelques minutes seulement !

Un avantage certain dans sa mise à jour

Maintenant, que votre DUERP est conçu et adapté à la réalité du terrain, la première marche est franchie !

Mais pour qu’il soit efficace dans votre pilotage et qu’il soit utile dans votre système de management, il doit rester constamment à jour. Les formations de vos collaborateurs, les nouvelles installations pour limiter les risques, la création de nouvelles machines sont quelques-uns des éléments qui doivent figurer dessus.

Vous doutiez de digitaliser votre document unique au plus tôt dans son cycle de vie ? Cela vous aurait permis de l’étoffer de façon beaucoup plus rapide que de rester sur un document papier. Autre avantage de passer sur une version dématérialisée, vous auriez pu déléguer cette tâche en collaborant sur le document, et ce, en quelques clics !

# Faire de son système de management une démarche encore plus proactive

Ce n’est pas un secret, une bonne politique de prévention HSE se veut la plus proactive possible. Notamment, parce que c’est comme ça qu’elle sera efficace, pour minimiser et prévenir l’apparition de situation à risques.

Mais, comme nous l’avons dit plus haut, si elle est mise en place par une seule personne, elle est vouée à l’échec. Elle se doit aussi très collaborative. Et pour collaborer à plusieurs, on a vu mieux que le traditionnel document papier, ou le fichier Excel, trop lourd pour être envoyé par e-mail.

Sur ce point, les outils digitaux sont presque infaillibles :

  • Stockage des données sur le cloud pour éviter les pertes de données
  • Partage d’informations en temps réel avec plusieurs collaborateurs
  • Export et traitement de cette mine d’information simplifiée

Et les avantages en sont encore bien nombreux. Mais ils ne feront pas tout. Encore faut-il intégrer votre SMS (système de management de la sécurité au travail) en symbiose avec votre politique de prévention, pour dynamiser cette démarche et permettre une adaptabilité accrue au fil des années.

Liste de quelques avantages d’avoir du digital dans sa politique de prévention des risques

Autre réel atout qui agit directement sur la proactivité : les notifications.

Nous y sommes habitués pour les e-mails, le SMS ou nos applications mobiles favorites, mais lorsque l’on parle de prévention, c’est tout de suite plus abstrait.

Imaginez quelques cas d’usages :

  • Recevoir une alerte dès qu’un objectif est atteint ou dépassé
  • Prévenir un groupe de personnes lorsqu’une situation à risque est détectée
  • Avertir un collaborateur qu’il a une action corrective en attente

Ces notifications intégrées dans vos logiciels de communication en équipe comme Microsoft Teams ou Slack en font un outil encore plus puissant pour centraliser toutes les données au même endroit !

Et ce ne sont que quelques exemples parmi la multitude de possibilités. La seule condition pour aller vers une politique de prévention digitalisée, c’est qu’elle soit suffisamment mature, sans quoi, c’est une autre source d’échec.

# Une proactivité sans pilotage, c’est comme une voiture sans carburant

L’exemple n’est peut-être pas le plus parlant, mais c’est tout comme.

Être capable de prévenir l’arrivée d’une situation à risque avant celle-ci, en prenant des mesures proactives, c’est un pas vers une politique de prévention efficace. Mais sans le pilotage adéquat pour suivre les divergences et les corriger, il est très probable que la démarche ne soit pas pérenne.

Or, les tableurs de plusieurs dizaines de lignes ne sont bien, que si vous avez des heures à passer pour obtenir l’information souhaitée. (on est d’accord, il peut y avoir des exceptions !)

Imaginez un fichier comme celui-ci sur des centaines de lignes pour trouver une information

Alors vous allez certainement penser que ce genre de fichier est déjà sur un logiciel, et qui dit logiciel, dit outil digital. Et c’est en partie vrai, mais il n’en reste pas moins que la lisibilité reste à désirer !

Pour piloter sa prévention des risques, rien ne vaut un graphique constamment à jour, actualisé avec les données réelles du terrain, avec lequel vous pourrez suivre vos objectifs.

Données + graphique + objectifs + notifications + actions = prévention proactive !

Prenons un exemple concret avec la pyramide des risques

Dans le monde de la prévention des risques, c’est un outil de pilotage bien connu : la pyramide de Bird / Heinrich ou pyramide des risques

Née dans les années 1930 grâce à Heinrich et son enquête sur les risques industriels, elle a été mise à jour par Bird peu avant les années soixante-dix, d’où l’origine de son nom.

Son concept est plutôt simple : il définit un ratio entre le nombre de situations à risques bénignes et le nombre d’accidents plus grave.

Ainsi, sur 641 situations anormales, l’étude de Bird pour une compagnie d’assurances, a recensé que :

  • 600 sont des presqu’accidents ou des incidents ;
  • 30 sont des accidents avec dégâts matériels ;
  • 10 sont des accidents avec des blessures mineures ;
  • 1 est un accident grave

Ces ratios peuvent être adaptés en fonction des chiffres de votre entreprise, pour obtenir une représentation visuelle de la situation, le plus souvent compréhensible par tous (et très impactante).

La pyramide des risques (Bird / Heinrich) est un outil important en prévention

Encore faut-il connaître le plus précisément possible toutes ces informations, et pour cela, nous en revenons au chapitre sur le pilotage, qui demeure essentiel.

Largement utilisé, ce moyen de pilotage peut sembler ancien, car les pratiques en prévention ont nettement évolué depuis sa création, et heureusement ! Certaines nouvelles méthodes sont nées, mais il n’en reste pas moins que la Pyramide de Bird est la plus efficace. Peut-être demanderait-elle une mise à jour pour s’adapter au siècle présent ?

3 méthodes pour obtenir ces informations

La première, le traditionnel papier ou fichier Excel dans lequel vous allez devoir recenser toutes les remontées terrain, tous les presqu’accidents, avec la difficulté que l’on connaît, d’être informé de toutes les situations à risques.

La seconde, déléguer le remplissage et le recensement à vos collaborateurs, grâce à une application mobile. Ils pourront commenter et ajouter une photo pour préciser le risque et vous aurez accès à l’information en temps réel.

Enfin, la troisième et dernière méthode : combiner cette remontée manuelle de vos collaborateurs avec votre système de caméras, pour agrémenter encore plus la liste de vos presque accidents. La première, le traditionnel papier ou fichier Excel dans lequel vous allez devoir recenser toutes les remontées terrain, tous les presqu’accidents, avec la difficulté que l’on connaît, d’être informé de toutes les situations à risques.

Une fois toutes les informations en poche, comment le digital m’accompagne-t-il dans ma synthèse quotidienne ?

Créer de la donnée et la recenser, c’est bien, encore faut-il pouvoir l’interpréter !

Tous les outils digitaux qui récoltent ces informations mettent à votre disposition un tableau de bord. C’est la base pour avoir une expérience de pilotage qui vous apporte de la valeur.

En quelques clics, vous pouvez obtenir :

  • L’évolution du nombre de situations à risques dans le temps
  • La classification des dangers les plus fréquents
  • Les heures auxquelles le plus de risques sont recensés
  • Et donc votre Pyramide des risques !

Vous obtiendrez donc des éléments visuels instantanément, sans passer par la lourde tâche de parcourir votre fichier Excel. Gain de temps et gain de productivité assuré !

2 exemples de graphiques générés grâce aux données collectées – eyesr.fr

Pour conclure, un point de méfiance. Une digitalisation de votre prévention des risques n’est pas à prendre à la légère, elle doit se faire lorsque celle-ci est un minimum mature, mais doit surtout être suivie par tous !

Sans ces 2 conditions, le processus :

  • compliquera encore plus la situation actuelle
  • apportera une méfiance sur le sujet de la part de vos collaborateurs
  • augmentera les chances d’échec du projet de modernisation.

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